A la vigne, au Mas Foulaquier

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Sur le Chemin des Verriers, entre causse, garrigue et vignoble se cache le Mas Foulaquier, une vieille bâtisse en pierre qui ne manque pas de charme. Typique du coin me direz-vous, ce mas recèle un trésor : son sol qui donne au raisin un caractère unique. Une terre bénie des Dieux me dira Blandine Chauchat. Elle m’accueille dans le caveau, tout juste rénové.

Découvrir le vin dans le Pic Saint Loup

Même pas installés que la discussion est déjà bien engagée, nous parlons oenotourisme, le dernier truc en vogue. Oui mais voilà, rien n’est pensé avec les vignerons et c’est bien dommage. Blandine reçoit presque chaque semaine des appels pour lui proposer des packages terroir-visite-dégustation de son domaine en exclusivité. Mais les touristes canadiens qui repartent par le prochain avion, du vin, ils n’en ramèneront pas chez eux.

Et pourtant, le tourisme pourrait faire beaucoup pour les petits vignerons du Pic. A Saint Mathieu de Tréviers, il n’y a même pas une maison des vins et, sur l’avenue principale qui draine l’été des milliers de véhicules par jour, il est visiblement compliqué d’installer un commerce de bouche.

Même les cafetiers du coin semblent ne pas jouer le jeu, on préfère le pastis à un verre de vin. Le décor est planté, pas facile de tirer son épingle du jeu dans ce terroir ultra concurrentiel qu’est le Pic Saint Loup.

Les vignes au Mas Foulaquier

Rencontre avec Blandine Chauchat

Rien ne semblait prédestiner Blandine Chauchat à se retrouver à la tête d’une exploitation viticole dans le sud de la France. Parisienne originaire de l’Anjou et habituée des vacances en Bretagne, elle n’était jamais descendue si bas en France. Cette ancienne fonctionnaire parlementaire a pourtant tout plaqué pour venir s’installer à côté de Claret, au Mas Foulaquier. Un BTS en poche, un livre de portraits de vignerons, un fermage en Anjou et surtout une rencontre, celle de Pierre Jéquier et c’est le début de l’aventure. Pas évident, surtout au début, pas d’attaches, un accueil plutôt glacial et une très mauvaise période pour les viticulteurs. Grosse crise dans le secteur du vin, trop de monde, trop de bonnes choses, des bouteilles qui ne se vendent plus. Se pose sérieusement la question de l’avenir du domaine, mais Blandine Chauchat et Pierre Jequier s’accrochent. Blandine se lance dans un projet personnel avec l’acquisition de nouvelles parcelles au lieu-dit Les Tonnillières qui donnera sont nom à deux cuvées du domaine. Ils investissent aussi énormément dans les équipements du mas et crée un gîte au cœur du domaine. Les choses s’organisent petit à petit, Pierre est plutôt à la vigne pendant que Blandine s’occupe de la partie commerciale et de la gestion du domaine.

Le vieux mas

Le renouveau du domaine Mas Foulaquier

En 2006 se pose une question, que faisons-nous là ? Blandine et Pierre ont l’impression de tourner en rond. On s’ennuyait me dit-elle. Comme une envie d’autre chose, de travailler la terre et le vin autrement, de chercher d’autre moyens, de nouvelles manières de faire. Quelque chose de plus respectueux de la nature, arrêter le gaspillage, bannir les techniques qui épuisent les sols et la vigne.

Et voilà la nouvelle direction prise, un retour à des techniques anciennes de macération et surtout arrêter de jeter, de couper parce qu’il y a trop de grappes ou parce qu’il y a juste un grain de raisin trop mûr. Un pari gagnant puisque aujourd’hui, l’exploitation est de nouveau à l’équilibre. On retrouve une certaine sérénité me dit Blandine. Et après sept années à travailler la vigne en biodynamie, elle a l’impression que quelque chose se passe, que les vins prennent une autre dimension.

Elle commence à s’éclater comme elle dit. En biodynamie, on laisse la vie microbienne des sols se développer et alors que dans la plupart des vignobles, les sols s’affaissent, ici ils remontent parce qu’ils sont plein d’air. « Chez nous, les vers de terre ont la taille d’un serpent ». Les grains de raisins produisent à nouveau des levures naturelles et les vins retrouvent une complexité et des notes aromatiques impossibles à reproduire avec de la chimie. Blandine m’explique que chaque levure présente sur le raisin va donner au vin un arôme, et plus il y en a, plus il y aura d’arômes. Même si Blandine n’est pas toujours à la vigne, elle éprouve besoin de revenir à la cave. « Vous savez, le vin c’est quelque-chose qui vous porte, qui vous réveille. Vous avez besoin de le suivre, de le goûter, de le sentir ! » Le couple reprend les vinifications à deux. Et les méthodes évoluent. « Pierre est un très bon élève, me confie Blandine, il maîtrise parfaitement les techniques de vinifications. Maintenant nous travaillons à deux et les résultats sont là ! ». Les choses se font finalement plus naturellement, la confiance est là, la complicité et moins de rigueur aussi. Et ça se ressent forcément dans un vin.

Avant de repartir, j’ai demandé à Blandine de me parler d’un endroit autour du Pic Saint Loup qu’elle aime particulièrement. Elle n’a pas réfléchi longtemps avant de me parler du causse juste au-dessus du Mas Foulaquier, un morceau de garrigue qui a repris ses droits sur d’anciennes restanques où l’on cultivait autrefois des oliviers. C’est un endroit où elle aime venir le week-end avec son mari et ses enfants qu’elle regarde courir sur les immenses dalles calcaires du causse. Ce qui lui plait là-bas c’est une sorte de sérénité et puis cette lumière qu’elle décrit comme incroyable.

Le coup de cœur de Blandine Chauchat

La petite cuvée Violetta 2014 est un « vrai vin de pays » auquel Blandine Chauchat croit et qu’elle décrit comme élégant et délicat. Issue de Grenache et Merlot, la cuvée Violetta possède des notes de fruits noirs sauvages, de laurier et de ciste. Ses tanins soyeux en font un vin idéal sur des plats méditerranéens, des buffets de campagne ou des viandes grillées. Les raisins sont vendangés à la main en caissette, puis égrappés et encuvés par gravité sans aucun pompage. Les vinifications s’effectuent sans apport de produits oenologiques, ni soufre, ni levure, ni produits issus de la chimie.

La cuvée Violetta

Découvrir le Mas Foulaquier

Le Mas de Foulaquier est situé dans le Grand Pic Saint Loup sur la commune de Claret à environ trente cinq minutes de Montpellier, à l’extrême nord de la zone du cru du Pic Saint Loup. Blandine Chauchat et Pierre Jequier y produisent des vins certifiés Demeter dans le respect des principes de l’agriculture biodynamique. Ils ont également crée un gîte de charme au cœur du domaine viticole du Mas Foulaquier.

Retrouvez toutes les infos sur le site internet http://www.masfoulaquier.fr/


Rendez-vous à la cave avec Les Domaines qui Montent


Cet article participe au rendez-vous mensuel En France aussi proposé par les blogueuses de  Voyage Féminin, La Terre sur son 31 et Le coin des voyageurs.

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7 Comments

  1. Petitgris
    1 avril 2015 @ 3:40

    Ce n’est pas très loin de chez moi et pourtant je ne connais pas . Pourtant la bouteille de Violetta je suis sûre de l’avoir croisée quelque part 🙂 Merci d’avoir si bien parlé de ce domaine et de l’enthousiasme de ses propriétaires . 🙂

    Reply

    • Petits Voyageurs
      1 avril 2015 @ 4:35

      Mais tu es d’où du coup ? J’ai bien compris en lisant ton article que tu étais du Languedoc mais en fait tu n’es pas très loin de chez moi…

      Reply

  2. Florence Gindre
    2 avril 2015 @ 9:48

    Bel article qui me donne envie d’aller faire un tour au mas 🙂

    Reply

    • Petits Voyageurs
      8 avril 2015 @ 9:01

      Au mas et dans les environs ! Vraiment superbe ce coin de l’Hérault qui n’est pourtant pas tellement visité et c’est dommage !

      Reply

  3. SYLVIE
    3 avril 2015 @ 1:05

    Quelle belle histoire que tu nous fais découvrir là, celle de passionnés comme je les aime. Et en plus, une passionnée originaire d’Anjou… J’aime l’idée qu’il y a encore de nos jours des gens qui ne se préoccupent pas que des rendements et des finances ! Merci beaucoup pour ce très bel article qui se lit comme les pages d’un bon livre…

    Reply

    • Petits Voyageurs
      8 avril 2015 @ 8:59

      Merci pour ce retour ! 🙂 J’ai pris beaucoup de plaisir dans cette rencontre et forcément on le ressent dans l’écriture de l’article ! Métier passionnant effectivement mais difficile et exigeant !

      Reply

  4. Sév
    11 avril 2015 @ 1:54

    Ton article est très plaisant, chapeau à Blandine et Pierre d’avoir relevé leurs manches et de faire vivre de façon naturelle ce vignoble 🙂 Malgré les obstacles, leur passion est intacte !
    Voici mon article alsacien : https://blogoth67.wordpress.com/2015/04/01/vin-vigne-et-vignoble

    Reply

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