Carnet de bus de San José à Tortuguero

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Les routes du Costa Rica, nous les avons parcourues en voiture mais aussi en autobus. Des voyages en autocars climatisés comme en transports locaux, à travers la montagne ou les villages de la côte. Parfois bien installés et d’autre fois debout dans l’allée centrale, par manque de place. Dans ce second carnet consacré au Costa Rica, je vous propose de prendre la route en bus de San José à Tortuguero.

Première tranche : rejoindre Cariari depuis San José

Rendez-vous dans la matinée au terminal del Caribe, à l’extérieur de la ville, une gare routière qui dessert toute la côte est du Costa Rica. Nos tickets en poche pour Cariari, nous grignotons en vitesse une brioche sous les arches du terminal. Nous grimpons dans l’autocar de 10 heures et demi, le dernier qui nous permettra d’attraper le bateau pour Tortuguero.

En bus de San José à Tortuguero

Sur les gigantesques ponts de la banlieue de San José, nous survolons des bidonvilles crasseux frangés de bananiers géants et de palmiers, qui de loin m’ont d’abord fait penser à des jardins ouvriers. Évidemment la réalité est tout autre. La route escalade la montagne en direction du Braulio Carrillo en traversant de petits villages dont les maisons basses, aux fenêtres barricadées, sont protégées par d’imposantes clôtures de barbelé.

En redescendant vers la vallée, la route est soudain bloquée. Une file de véhicule de plusieurs kilomètres s’est déjà formée. Une voiture ou un camion est surement tombé en travers de la route, les sirènes chantent alors que passent plusieurs ambulances qui se ruent vers l’hôpital local. Après une heure d’attente et une de plus à traverser les campagnes de Guapiles, nous voici enfin à Cariari, première étape du voyage vers la côte Caraïbe.

Carnet de bus : la fin de la route (du moins l’asphaltée)

Depuis Cariari, la route qui mène jusqu’à La Pavona se transforme peu à peu en piste, empruntée uniquement par les paysans du coin. La région que nous traversons, une immense plaine agricole, est le territoire des quakers costaricains. On y croise de nombreuses fincas, des fermes ou des ranchs en version tropicale, maison basses toutes colorées presque miniatures, dans lesquelles un homme de plus d’un mètre quatre-vingt pourrait vite se sentir à l’étroit. On y élève principalement des bovins qui paissent tranquillement à l’ombre des ceibas. Plus loin, d’immenses champs d’ananas, de palmiers ou encore d’hévéas.

En bus sur la route de Tortuguero

Le bus marque l’arrêt devant une boutique de laquelle sortent quelques femmes, les bras chargés de victuailles qu’elles s’empressent de vendre aux voyageurs, pendant la pause pipi. Des chips de banane plantin, du riz aux haricots ou des boissons fraîches. Partout sur la route, on voit de nombreux bars à bières qui font la publicité de grandes marques américaines. L’ambiance est plutôt aux gros bras et aux immenses pick-up, qui déboulent des chemins de terre à toute vitesse. A l’arrêt suivant, un groupe d’adolescents parfaitement peignés roulent des mécaniques sur des motocross recouvertes de projections de boue. Voici l’heure de la sortie des classes et les gamins du coin accourent sur les bas côtés, pour attraper le bus qui les emmènera dans les campagnes reculées, où ils vivent en communauté restreinte, à l’écart de tout. La première ville est à moins de vingt kilomètres, mais cela fait déjà presque deux heures que nous roulons, tant la chaussée est déformée.

Trois bonnes raisons de prendre le bus au Costa Rica

  • vous aurez certainement mal aux fesses
  • avec un peu de chance, votre bus sera à l’heure
  • si vous êtes vernis, la route principale sera fermée, multipliant votre temps de trajet par deux

En bus de San José à Tortuguero, la route est parfois longue

Je pourrais vous raconter que ce voyage en bus est incroyable et que je me délecte de la beauté des paysages, ou des sourires sur le visage des gens. Mais les choses sont en vérité légèrement différentes. Je ne rêve que d’une chose à cet instant, avoir le cul posé dans une piscine ou sur une plage et boire un verre de Coca Cola. Nous sommes partis depuis plus de sept heures, en pleine chaleur, coincés dans des autobus sans climatisation, à tenter désespéramment de trouver la bonne position pour ne pas ressentir les chocs de la route dans les fesses.

En bus jusqu'à Guapiles.

L’horreur je vous dis, même si j’en entends déjà certains qui me diront : cela fait partie du voyage, c’est génial, tu étais au plus proche de la vie locale. Et bla, et bla, et bla. Oui mais quand on a déjà voyagé pendant 24 heures depuis l’Espagne, en passant par les États-Unis et l’Allemagne, on a juste envie de se reposer et de ne rien faire. Fort heureusement, une perspective des plus exotiques s’offre bientôt à nous, en arrivant en vue de l’embarcadère de la Pavona : descendre la rivière durant deux heures en pleine jungle, pour rejoindre le petit village de Tortuguero.

La jungle en bateau bus jusqu’à Tortuguero

Je suis toujours impressionné de pénétrer dans la jungle, territoire de géant où les perceptives n’en finissent plus de me tromper, où les tailles sont disproportionnées et les couleurs démultipliées. La jungle est tout autant intrigante qu’inquiétante, parce-qu’à moins de l’avoir étudiée de près, on ne connaît rien d’elle, ni des créatures qui la peuplent. Je me demande toujours quel animal féroce (il faut qu’il soit féroce sinon ça ne marche pas) ou dangereux (c’est encore mieux) se tapit là, dans l’ombre ou sur cette branche d’arbre. Ou bien encore quel insecte ou quelle araignée mortelle nous attend au bord du chemin. Mais aujourd’hui, bien à l’abri dans mon bateau bus sur la rivière, je ne risque rien.

En bateau bus jusqu'à Tortuguero.

La nuit tombe lentement et nous n’apercevons toujours pas de village, juste quelques lodges disséminés dans la jungle. Sur le bord du fleuve, deux touristes en paddle semblent ne pas s’inquiéter de la nuit qui approche, ils n’en ont pourtant pas terminé de leur calvaire, et je crains bien que dans le noir l’histoire ne se complique encore. Nous avons récupéré un pêcheur en difficulté après l’avarie de son bateau à moteur, ralentissant encore notre progression vers Tortuguero. Au loin les lumières puis les quais, de la musique qui résonne depuis un bar, voilà enfin le village de Tortuguero, il est presque 19 heures.

Carnet pratique : prendre le bus pour Tortuguero

  • se rendre au grand terminal Caribe, Bajos de La Union, San José
  • prendre le bus pour Cariari avant 10h30 (3 heures de route/4$)
  • vous arriverez au terminal Caribeño où vous pourrez attendre le bus Coopetraca pour la Pavona (2$)
  • à l’embarcadère de la Pavona, prendre le bateau bus pour Tortuguero (2$ + 1$ par sac)
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8 Comments

  1. ItineraMagica
    26 mai 2016 @ 5:05

    J’ai des souvenirs merveilleux du Costa Rica, je me régale en retrouvant ce pays sur ton blog ! Mais le trajet en bus, je n’avais pas fait 😉

    Reply

  2. Guerlais Muriel
    26 décembre 2017 @ 9:53

    Bonjour
    Direction le Costa Rica fin janvier ; une question pour rejoindre Tortuguero : nous avons loué un 4×4 mais je ne vois pas sur la carte comment rejoindre l’embarcadère de pavona pour prendre le bateau pour le village de Tortuguero ; je trouve des infos comme prendre un bateau pendant 5 h alors que vous parlez d’1 à 2 heures de bateau.
    Merci d’avance pour votre réponse

    Reply

    • Petits Voyageurs
      26 décembre 2017 @ 10:08

      Bonjour Muriel, comment allez-vous ? Voici le point Google Maps qui vous donnera la situation exacte de l’embarcadère de la Pavona. https://goo.gl/maps/So1uPYxPf9k Il faut en fait rejoindre la ville de Cariari puis ensuite demander votre chemin aux locaux. Il y a une piste (petite et assez difficile à trouver) qui mène à l’embarcadère. Mais comme de nombreux voyageurs partent de ce point, vous ne devriez avoir aucun mal à trouver. Et depuis la Pavona, c’est certain, il ne faut compter que 2 heures de bateau environ pour rejoindre Tortuguero. Merci pour votre message et n’hésitez pas si vous avez d’autres questions. A bientôt !

      Reply

  3. alice
    10 août 2018 @ 4:58

    Bonjour,

    Merci pour toutes ces informations. Nous souhaitons rejoindre Tortugero depuis San José, en bus-bateau, par nos propres moyens.
    Pour le retour en bus à San José, le trajet est-il le même que pour l’aller ? Les bus sont-ils réguliers ?
    Est ce que vous conseillez davantage de passer par une agence pour réaliser cette excursion ou est-ce faisable (sur deux jours environ) par nous même ?
    Toutes les informations que vous pouvez me donner m’intéresse.

    Par avance merci, Alice

    Reply

    • Paul Engel
      30 août 2018 @ 1:38

      Bonjour Alice. Il y a des liaisons régulières depuis San José. Le trajet est le même au retour (sauf en cas de fermeture d’une route, ce qui m’est arrivé). Tous les détails sont à la fin de l’article. Mais sachez que ce trajet prend presque toute la journée. Mieux vaut rester 2 nuits à Tortuguero, car vous y arriverez seulement en fin d’après-midi avec un départ de San José dans la matinée. Désolé pour ce retour tardif ! Merci à vous et n’hésitez pas si vous avez d’autres questions…

      Reply

  4. Ponchaud Manon
    22 janvier 2019 @ 2:32

    Salut,
    Pour le premier bus au départ de an José, est-ce qu’il fait réserver les tickets sur internet ou est-ce que tout se fait directement sur place au moment de monter dans le bus ?
    Merci pour votre réponse !

    Reply

    • Paul Engel
      24 janvier 2019 @ 8:59

      Bonjour Manon, inutile de réserver les billets en avance (d’ailleurs je ne crois pas que se soit possible en bus public). Ils s’achètent directement au terminal Caribe à San José avant le départ du bus. Arrivez un peu en avance le temps de trouver le comptoir, je n’ai eu aucun soucis. J’ai ensuite acheter un autre billet en correspondance à Cariari… Bon voyage !

      Reply

  5. location autocar
    7 décembre 2020 @ 3:49

    Sujet important du super information Merci

    Reply

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