Instantanés du Sri Lanka

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Voici mes instantanés du Sri Lanka, quelques moments choisis de mon voyage dans l’île de Ceylan, des photographies et des instants particuliers à travers le pays.

Insomnie

Six heures du matin. J’étais couché dans le lit, les pupilles grandes ouvertes, observant Brice dormir à poings fermés. Les idées se bousculaient à toute vitesse dans mon crâne. Qu’y avait-il dehors ? Qu’allions nous découvrir le lendemain ? Quel paysage pouvait se cacher là, juste derrière la fenêtre ? Je me retournai vers la gauche et fermai doucement les yeux en écoutant ma respiration que je forçais à ralentir. « Il faut que tu dormes maintenant ! » J’étais sans cesse dérangé par la chaleur, le souffle continu de la climatisation ou parfois par des ronflements. Je passais la pièce en revue pour la troisième fois : dans le coin près de la fenêtre, il y avait une coiffeuse en bois exotique sur laquelle étaient posées deux petites bouteilles d’eau et des serviettes, sur ma droite, j’apercevais derrière une vitre le petit lavabo de la salle de bain. Le voyant rouge du téléviseur semblait vouloir s’incruster dans ma rétine. Je fixais maintenant le grand ventilateur immobile suspendu au plafond en m’imaginant le bruit qu’il pourrait faire si je l’actionnais. Je fermai finalement l’œil vers neuf heures du matin. Mon sommeil fut inhabituel, tellement léger, trop perturbé par l’attente du réveil.

Un verre au port de Colombo, sur les traces d’Alexandra…

Le port de Colombo

A la nuit tombée, nous prîmes un verre au Grand Hôtel Oriental, le même où débarqua Alexandra David-Néel un siècle plus tôt, lors de son premier voyage vers l’Inde. Construit en 1875, il fut l’un des plus luxueux établissements d’Asie. Je m’imaginais quelle devait être l’ambiance de ce lieu à sa grande époque. Des femmes élégantes en robe du soir conversant dans le petit salon, pendant que leurs maris jouaient aux cartes en fumant de gros cigares et en buvant du scotch. On devait y donner de somptueuses réceptions pour les notables de la ville. Tables richement garnies, champagnes et petits fours. On y dansait au son d’un petit orchestre jusque tard dans la nuit. Mais ce soir, la salle du restaurant du huitième étage était vide. Les nappes étaient impeccablement posées sur chaque table, la vaisselle avait été sortie et disposée au cordeau, l’équipe de salle était fin prête. Ne manquait que les clients. Nous bûmes un Coca sur une minuscule terrasse face à l’immense port de Colombo, plongé dans la nuit. Des dizaines de quais s’étendaient derrière la capitainerie et menaient à de gigantesques chalutiers. La lumière des projecteurs fixait sur d’immenses grues de chargement qui se reflétaient dans le noir de l’eau. Des chariots chargés de colis croisaient des groupes d’ouvriers au beau milieu d’une ville entière de containers rouillés.

23 heures, dans le train de nuit

Le train roulait depuis maintenant une demi-heure et les lumières n’arrêtaient pas de couper. Comme il n’y avait pas de vitres aux fenêtres, le bruit de la machinerie à l’intérieur du compartiment était insupportable. C’est à ce moment là qu’un cafard fit son apparition. Mouvement de panique dans la cabine, surtout que l’insecte n’était visiblement pas seul. Au fur et à mesure du trajet, d’autres sortirent de tous les recoins de la cabine, le train en était infesté. Nous voulûmes d’abord changer de compartiment, mais en seconde classe c’était encore pire, les wagons étaient littéralement bondés et une odeur insupportable d’excréments et d’urine planait dans certaines voitures. Nous dûmes nous résoudre à regagner notre cabine en espérant que les insectes auraient pris la poudre d’escampette. Le voyage jusqu’à Trincomalee nous parut une éternité, assis tous deux sur une seule couchette, enveloppés dans une moustiquaire sur laquelle évoluaient une ribambelle de cafards immondes. Il fallait être enfermé, être sûr qu’aucun blattoptère ne nous marcherait dessus si nous nous endormions…

Mardi, 14 heures, près de la plage de Nilaveli

ile des pigeons

A quelques encablures de la côte, on apercevait l’île aux Pigeons. Un îlot corallien de quelques centaines de mètres carré, classé parc naturel. On ne pouvait y accéder qu’après s’être acquitter d’un droit d’entrée élevé, après quoi on nous embarquait sur un petit bateau à moteur qu’il fallait louer en plus. Une fois sur l’unique plage de l’île, nous nous retrouvions seuls au monde sur le sable blanc. Dans l’eau, nous apercevions plusieurs dizaines de requins à pointe noire qui nageaient à un ou deux mètres du rivage. Nous entrâmes dans l’eau avec une certaine appréhension, même si nous savions que les squales étaient inoffensifs. Ils ne mangeaient que du plancton. Nous ne pûmes toutefois pas nager bien longtemps, la forte houle nous poussait constamment contre les rochers et l’eau était trouble. Il y avait selon le guide du parc un jardin de corail à dix mètres de la plage, mais nous ne pûmes jamais l’atteindre. Nous regagnâmes la côte après quelques heures passées loin de tout, en solitaire sur une plage au milieu de l’océan. Impression très artificielle évidemment mais ce n’était pas cela qui comptait. Je savais pertinemment que seuls des voyageurs se rendaient ici, mais qu’importe, pour nous le moment était unique. C’était la première et peut-être la dernière fois que je voyais des requins d’aussi près.

Le rice & curry

La mère de famille concoctait de délicieux currys qui lui valurent nombres de compliments griffonnés sur les murs de la salle à manger. Les currys du Sri Lanka n’avaient rien à voir avec ceux que j’avais pu déguster ailleurs. Ils n’étaient pas un, mais plutôt un ensemble de petits plats disposés dans de petites coupelles, en général une bonne dizaine. Chaque famille possédait sa propre recette si bien que même en en mangeant tous les jours, je découvrais à chaque fois des saveurs nouvelles. Le secret d’un bon curry résidait dans le bon dosage du piment, la juste cuisson des aliments et l’organisation sans faille de la cuisinière. Avant même la réalisation du plat lui-même, il était obligatoire d’avoir préparer les sambols, les chutneys et les papadams. Il fallait ensuite faire revenir des oignons dans du ghee, avec du cumin et d’autres épices que chaque famille gardait secrètes. Venait après le moment délicat d’ajouter le piment, pas assez n’aurait pas relevé le plat, trop aurait immédiatement supprimer toutes saveurs aux aliments. On ajoutait enfin des tomates et quelques épices grillées pour obtenir une sauce qui servirait de base pour tous les plats. On la mélangerait à différents légumes servis chacun dans une coupelle différente. Une fois les légumes prêts, il fallait préparer la viande ou le poisson en prêtant une attention particulière aux temps de cuisson et aux dosages des épices. Une minute de trop, une pincée en plus et tout l’équilibre du plat risquait de s’envoler.

Dans les cavernes…

quadri dambulla

Autrefois, Dambulla n’était qu’un simple ermitage dont les immenses cavernes abritaient une communauté de moines. Au fil des siècles, de nombreux souverains du Sri Lanka participèrent au développement des grottes d’Or qui devinrent l’un des lieux les plus spirituels du pays. Mais c’est certainement Nissanka Malla, souverain du Sri Lanka au XIIéme siècle et architecte du sanctuaire de Pollanaruwa, qui lui donna son aspect actuel. Restaurées au XVIIIème, les cinq grottes sacrées abritaient plus de cent cinquante représentations de Bouddha, dont l’un, couché, mesurait plus de quinze mètres de long. Depuis l’origine du bouddhisme, les grottes et les cavernes avaient toujours été transformées en lieux de prière ou de méditation. Comme les forêts ou les lacs, elles semblaient propices à l’apaisement et étaient souvent au cœur de légendes, de mythes ou de magies.

Le petit train bleu

le train bleu

 

 

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