Désert du Guanacaste, mène moi jusqu’à Nicoya

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Après 3 journées d’une retraite intense à El Castillo, nous quittons à regret Arenal pour poursuivre notre route vers Nicoya. Nous embarquons avec nous deux perpignanaises en vadrouille et une infirmière hollandaise en tour du monde. On leur évitera ainsi plusieurs heures de bus pour rejoindre la côte ouest. Notre road trip au Costa Rica se poursuit toujours plus loin, à travers les contrées hostiles du Guanacaste.

Un road trip au Guanacaste

Rêveries sur les rives du lac Arenal

La route 42, la fameuse, celle qui contourne le lac Arenal par l’est, se montre en tout point magnifique. Les rivages de l’Arenal ont attiré depuis quelques années nombre de retraités européens. Principalement des helvètes qui ont bâti sur ces collines des fermes et des chalets en bois, aux couleurs de la Suisse. Un étrange mélange des genres me direz vous, mais au fond pourquoi pas. Et si l’envie vous prend de dévorer tout entier un bon pain noir aux céréales, vous trouverez même dans le coin une petite boulangerie allemande. Rien que cela. Au détour de lacets sinueux, le lac se dévoile peu à peu à nos yeux. Immense, limpide et bleu pétrole, avec derrière lui le monstre Arenal qui pointe encore le bout de son nez.

La route du lac Arenal, en direction de Nicoya

Le lac Arenal signe la fin d’une région tropicale humide qui débouche sur une vaste plaine aride, aux champs jaunis par la chaleur. Teintes orangées et terre de sienne brûlée, sur fond de collines cramoisies, forment d’incroyables contrastes et donnent vie à cette région presque désolée. Nous roulons désormais au milieu d’un décor de Western américain, où l’on élève des taureaux et des vaches. Même si celles-ci n’ont plus que la peau sur les os, tellement l’herbe se fait rare.

J’aime ces ambiances désertiques qui vous laissent comme un sentiment d’abandon, de no-man’s land. Il y a dans ces paysages quelque-chose d’incroyablement artistique. Dans les formes, plus saillantes, comme dans les couleurs, plus vives. L’oeil ne se fixe plus sur les détails, mais s’ouvre en panoramique sur des étendues desséchées, qui vont à perte de vue. J’y ressens le poids du ciel, de la lumière et de la chaleur. Même si Dieu merci, la voiture est climatisée.

Escale mortifère à Canas

Nous déposons les filles près d’un arrêt de bus, situé au bord de l’Interaméricaine, au coeur d’un chantier immense. Cette ville de Canas ne m’inspire aucune confiance. Il y règne une ambiance mortifère à vous filer une dépression en moins de deux. Nous avons tourné au hasard des quadras pour trouver une épicerie, un snack ou quelque-chose. Mais il n’y a rien, à part une petite boutique glauque aux prix exorbitants. J’y achète quelques empanadas fourrées de dulce de leche, cela fera l’affaire jusqu’à Samara.

Sur la panaméricaine au Costa Rica

J’ai roulé sur l’asphalte de la Panaméricaine

Depuis le début de notre voyage, j’attendais avec impatience le moment où nous allions enfin rejoindre l’Interaméricaine. Pour moi, cette route était un peu comme un rêve de gosse, une aventure, le voyage d’une vie. Enfin vous voyez le truc, même si pour les besoins du script, j’ai légèrement grossi le trait. Et bien au Costa Rica en tout cas, l’Interaméricaine n’est qu’une route comme toutes les autres. Une route dont le bitume a bien trop vécu, mis à rude épreuve par les va-et-vient incessants d’immenses 3 tonnes tunés, façon camions américains. Pas vraiment un itinéraire de rêve à vrai dire, mais qu’importe, la perspective d’une plage bordée de cocotiers nous tient en haleine.

Et la route nous mena jusqu’à Nicoya

En passant sur le pont de l’Amitié, j’ai eu comme un frisson, un moment idiot de bonheur. Le bonheur de celui qui, pour la première fois, aperçoit au loin les eaux du Pacifique. Même en voyageant beaucoup, j’ai toujours en moi cette espèce d’âme d’enfant. Une mine réjouie à chaque nouvelle découverte. Le coeur qui bat à cent à l’heure. Une soif de découverte qui se voudrait quasiment intarissable. Je m’émerveillerais presque d’un rien. Car pour tout vous dire, le Golfo Colorado n’a rien du coin de paradis.

La route 18 longe le parc national de barra Honda, qui se résume (vu depuis l’asphalte) à une forêt de conifères roussis paraissant à bout de souffle. Mais nous sommes à la toute fin de la saison sèche. Et la nature à cette époque, souffre de la sécheresse depuis déjà plusieurs mois. Dans les plaines qui précèdent Puerto Viejo de Nicoya, je découvre pour la première fois le Roble de Sabana, qui au printemps est couvert de magnifiques fleurs roses bonbon. Ces arbres ont un caractère presque magique, au point qu’on leur loue nombre de vertus. Ils peuvent mesurer jusqu’à 30 mètres de hauteur pour une envergure au moins équivalente.

Vers la péninsule de Nicoya

Nous nous arrêtons bientôt dans un petit restaurant de routier, juste sur le bord de la nationale. Nous avalons comme presque chaque jour un casado. Une portion de riz, des haricots noirs, quelques légumes et un peu de poulet. C’est le déjeuner du travailleur ici, l’encas que tout le monde dévore à la pause, ou en rentrant du boulot.

Et voilà que l’asphalte de Nicoya nous aspire à nouveau sous 40 degrés, pour avaler les 50 derniers kilomètres qui nous sépare de Samara. Nicoya, un nom qui sonne comme un aboutissement. Mais la ville est un bazar sans nom. Son avenue principale est engorgée de voiture qui circulent d’une façon on ne peut plus désordonnée. De vieux bus bariolés stationnent un peu partout, imprégnant l’atmosphère d’un léger parfum de Ceylan. Les bornes défilent, la route se ressert en virages compacts, pour plonger vers Samara et les plages de l’océan Pacifique

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