Tam Coc de l’autre côté du miroir

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Toutes les cartes postales ont leur face d’ombre, enfin quand je dis d’ombre il ne faudrait quand même pas exagérer… Mais bon, évidemment Tam Coc, merveille de la nature dans le nord du Vietnam, n’échappe pas à cette règle. Je vous en avais déjà un peu parlé dans un précédent article consacré à la baie d’Halong terrestre.  J’ai rassemblé ici quelques petites anecdotes qui donnent un autre regard sur cette rivière mythique, mais c’est juste parce que je n’aime pas écrire uniquement des contes de fées quand je voyage. Il n’empêche que j’ai vraiment adoré cette étape lors de mon voyage au Vietnam, c’est même l’un de mes coups de cœur à vrai dire.

Tam Coc dans le brouillard

Même sous la pluie, Tam Coc ne s’endort jamais

De nos jours, la rivière de Tam Coc ne ressemble plus à autre chose qu’à un décor de cinéma. Autour de l’embarcadère, on a aménagé un étang artificiel, entouré de petites allées pavées qui rejoignent un pont en arc à la mode chinoise. Tout autour, de petits arbres parfaitement taillés et quelques bicoques factices aux toits de pagode. Dans ce mini parc d’attraction, on débite de la barque au kilomètre avec des files d’attentes aussi longues que chez Disneyland. Je les plains un peu les batelières, surtout celles qui rament avec les pieds pour perpétuer le folklore. Toute la journée, un flot incessant d’autobus qui déposent ici des marées entières de voyageurs du Vietnam, de Chine et d’ailleurs, vêtus d’imperméables de pacotille et armés d’appareils photos reflex, juste pour prendre quelques portraits de famille sur les rives de Tam Coc.

Vue sur l'embarcadère de Tam Coc

Nous observons les mouvements de la foule sous la pluie, réfugiés sur la terrasse d’un restaurant qui doit certainement être l’un des pires du coin. C’est un hôtel-restaurant-boutique-bar-salon gigantesque, agencé à l’occidentale avec des cartes et menus uniquement en anglais, où l’on sert absolument de tout, à toute heure du jour et de la nuit. Du phô à la pizza, en passant par la glace italienne ou la bolognaise. A chaque arrivée d’un autocar c’est l’affolement, on crie, on court, on racole, on vend ces mêmes babioles made in Vietnam ou China, soit disant fabriquées à la main mais bien empaquetées dans leur pochette de plastique. Je me dirige vers un stand de cartes postales, côté esthétique il faudra revenir. Même les plus beaux paysages du Vietnam ressemblent à d’horribles copies tant les couleurs sont saturées, ciel trop bleu, rizières trop vertes, costumes trop folkloriques, trop, trop, trop. D’ailleurs on paye ici dix fois le prix que l’on aurait payer ailleurs. 5 dollars US pour quelques baguettes en bois aux couleurs criardes, même en France on pourrait trouver facilement une meilleure affaire.

J’ai visité la pagode de Jade en même temps qu’un bus de chinois

Dernière matinée à Tam Coc, vers dix heures je me rends à la pagode de Bich Dong à peu près au même moment qu’un autocar entier de touristes chinois, coiffés de casquettes rouges portant le mention « Skytour ». On n’y voit rien tant il y a de monde dans ce temple-grotte, caché au fond d’une impasse. Il me faut adopter le pas de course, si je ne veux pas finir écrasé par une ribambelle de jeunes hilares s’arrêtant chaque deux mètres, histoire d’immortaliser la scène par un selfie, en posant devant un arbre, des bâtons d’encens ou encore un rocher. Même agitation dans la pagode principale où l’on enchaîne les prières à tire-larigot. Tout ce petit monde se déchausse en vitesse à l’entrée de la pièce, se faufile jusqu’à l’autel, s’agenouille, trois petits mouvements de tête rapide, un encens brûlé, quelques phrases marmonnées et hop le tour est joué. Ne reste plus qu’à grimper les marches en quatrième vitesse à travers la grotte et retrouver papa et maman qui vous attendent en haut, pour la énième série de photos souvenirs. Pfiou, et bien avec tout cela moi, je suis épuisé et en plus je n’ai rien vu ! Bye bye Bich Dong, à la prochaine peut-être…

Tam Coc sous la pluie

A Tam Coc en février, tous les pains sont gris et mon ventre déraille

La brume enveloppe toute la plaine et tous les pains sont gris. Nous rentrons d’une balade à vélo complètement trempés, moi ravi, les autres beaucoup moins. Nous retirons nos chaussures qu’on laissera devant l’entrée, voyant la mine déconfite d’Ana à notre arrivée. On a de la boue jusque dans le dos, le jean trempé jusqu’au genou, l’aventure du voyage diront certains. Nous croisons notre voisine de chambre en pleine séance de séchage sur sa terrasse. Vietnam pays tropical, les brochures nous auraient menti ? Il pleut, il pleut toujours, partout ça empeste l’humidité, dans la chambre, les sacs, sur les vêtements, cette fichue bruine ne s’arrête plus. La soirée s’annonce encore plus fraîche que la précédente…

chaussures mouillees a tam coc

Pour couronner le tout, depuis la fin d’après-midi j’ai l’estomac qui déraille, contre-coup d’un mois à me nourrir exclusivement de phô et de nouilles sautées copieusement arrosées de sauce chili. J’ai l’impression qu’une colonie complète de crapauds ont élu domicile dans mon ventre et mes intestins. Comme si quelqu’un s’amusait avec mes sucs gastriques, les transvasant d’un côté puis de l’autre, appuyant sur tous mes boyaux pour en défaire les nœuds. Pendant une heure ça ne s’arrête plus, on ouvre une porte, on la referme, un tour de clef puis ça recommence. J’imagine le pire comme à chaque fois, j’ai le cœur qui bat, des bouffées de chaleur. Un moment je crois sentir monter la fièvre, comme lors de ma dengue express à Pangkor. Finalement plus rien, et le soir venu, après avoir avalé quelques rouleaux de printemps, il n’y paraît plus rien.

Demain nous repartons vers Hanoï, ultime journée au Vietnam avant de filer vers l’île de Ko Chang en Thaïlande.

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