Un dimanche à Saint Jean de Fos

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7h58, quelque part vers le Causse de la Selle.

– Oh, je vous connais vous les jeunes avec vos bouteilles de gaz ! Vous mettez le feu et après c’est moi qui paye ! Si dans un quart d’heure vous êtes encore là, j’appelle les flics !

Voilà comment au petit matin, nous nous sommes retrouvés à boire le café sur la place de Saint Jean de Fos, après nous être fait expulser d’un champ où nous faisions du camping sauvage. Saint Jean de Fos est un petit village de la vallée de l’Hérault situé à deux pas du Pont du Diable et de Saint Guilhem le Désert. Il est surtout connu pour ses poteries et ses vins : Terrasse d’Élise ou Mas Conscience pour ne citer qu’eux. Les premières vignes présentent dans les Terrasses du Larzac remontent à l’époque romaine. On trouve dans ce terroir parmi les meilleurs vins du Languedoc. Mais je vous avoue que ce matin, ce n’est pas vraiment cela qui m’intéresse.

Nous arrivons sur la terrasse du café Saint Jean avec la gueule d’enterrement des noctambules n’ayant dormi que quelques heures. On entend encore le choeur à l’église qui sonne la fin de la messe. Lieu de rendez-vous des habitants du village, le petit café se remplit petit à petit au cours de la matinée. Il y a bien sûr un petit vieillard, la gueule marquée par l’alcool, qui doit certainement toujours s’asseoir à la même table, la première à gauche de l’entrée. Il affiche une certaine élégance, dans le coin, élégance veut simplement dire qu’il porte un béret. Un homme pressé, post soixante-huitard vu le look, commande un café qu’il boit dans la foulée et repart aussitôt. Cinq minutes plus tard, le voilà qui revient, pétaradant au volant d’un vieux buggy. Entre temps une femme vêtue d’une robe à fleur cintrée et transparente fait son entrée sur la place, la pseudo bimbo du village probablement. Elle rejoint un homme grisonnant, la pipe au bec, le journal grand ouvert à la page des sports. Au 2bis de la place de la Mairie, une paire de jambes dépasse par l’entrebâillement de la porte. Une vielle femme, bien installée sur sa chaise, observe les moindres faits et gestes des passants.

Indissociable de celle du Pont du Diable, l’histoire de Saint Jean du Fort, devenu Saint Jean de Fos, commence peu après à l’an mille. Sous le passage de l’horloge, on découvre un tumulte de petites rues pavées étroites, bordées de petites maisons blanches étriquées, imbriquées comme dans un grand jeu de Lego. Ce labyrinthe mène naturellement vers la petite église en pierre d’architecture romane déjà là avant l’édification de la ville, du château et des fortifications. On l’appelle aujourd’hui « le village des potiers », pour témoin, les murets de la place centrale sont tous décorés de carreaux de céramique vert olive et jaune. Au Saint Jean, personne n’a bougé, en même temps la visite du centre historique ne m’a pris que quinze minutes. Vers midi nous quittons la place pour une sieste au bord des gorges de l’Hérault. Plus possible aujourd’hui de profiter de la plage du Pont du Diable, sauf moyennant paiement d’un parking désormais obligatoire. Tant pis, nous irons plus en amont, au-delà du barrage, après la sortie de Saint Guilhem le Désert.

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