Voyage en Drôme Provençale : ultime correspondance de vacances

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Carnet de voyage en Drôme provençale

Quelques jours à peine avant le confinement, je découvrais la Drôme provençale. C’était au cours d’un voyage d’une semaine, organisé dans le cadre de la réalisation de mon podcast. Je mesure aujourd’hui à quel point ce road trip a quelque-chose de spécial, en ce sens qu’il est le dernier voyage que j’effectuerai avant peut-être plusieurs mois…

J’ai choisi de vous parler de la Drôme provençale sous la forme d’une correspondance, comme une histoire, un récit, des souvenirs de voyage. Plutôt qu’un carnet pratique, je vous livre un carnet teinté d’impressions, de moments partagés et de rencontres.

Salles-sous-Bois, le 7 mars 2020

Nous venons d’arriver en Drôme Provençale. Notre logeuse est venue à notre rencontre sur la place principale du village. « On ne devrait pas se serrer la main normalement, mais bon ! », dit-elle avant de nous accompagner à l’intérieur de sa maison. C’est une vieille bâtisse en pierre sur 3 étages, qui ressemble à un pigeonnier.

Elle a racheté la demeure il y a quelques années, après qu’elle ait été entièrement rénovée par les anciens propriétaires. Chaque étage possède une seule et unique pièce. Au rez-de-chaussée une cuisine voûtée, au premier une chambre double, sous les combles un salon avec deux canapés futons et une petite télévision.

Vue sur la citadelle de Grignan

Grignan, le 8 mars 2020

J’ai pu obtenir l’une des dernières tables de la Ferme Chapouton. Installé dans une belle bâtisse provençale du XVIIIe siècle située à l’orée du village, le bistrot de Julien Allano, chef étoilé au guide Michelin, offre un cadre idyllique au milieu des champs de lavandes. La vue sur la citadelle de Grignan y est d’ailleurs époustouflante.

La cuisine bistronomique du chef est à la hauteur de sa réputation. Oeuf parfait sauce au parmesan, petit salé aux lentilles, croquant de chocolat blanc aux fruits rouges, la partition est parfaitement maîtrisée. De quoi bien démarrer ce dimanche presque printanier…

Manger dans un restaurant en Provence
Restaurant étoilé à Grignan

Cet après-midi, nous partons visiter les jardins du château de Grignan. La citadelle est perchée en haut d’un coteau escarpé et hérissé d’un promontoire rocheux. Elle domine la plaine et offre un panorama ahurissant sur les Baronnies Provençales et les dentelles de Montmirail. Au loin, on distingue très clairement la silhouette de la tour de Chamaret, orpheline de son château depuis le XVIIIe siècle.

Surgissant de la plaine, la citadelle de Grignan aurait pu compter parmi les nombreux châteaux féodaux de Provence. Mais à y regarder de plus près, ce palais luxueux reconstruit au XVIe siècle possède plutôt les attributs de l’architecture Renaissance et du classicisme français. Démantelé après la Révolution, il doit son salut Marie Fontaine, veuve richissime qui consacra sa vie à la reconstruction du château de Grignan.

La cour d’honneur, située sur l’aile des prélats, donne au pied d’une façade imposante à trois étages. Plus haut sur les terrasses, une vue énigmatique plonge dans la plaine et les montagnes alentours.

Nos montagnes sont charmantes dans leur excès d’horreur, je souhaite tous les jours un peintre pour bien représenter l’étendue de toutes ces épouvantables beautés. Contez un peu cela à notre duchesse de Chaulnes, qui nous croit dans des prairies avec des parasols, nous promenant à l’ombre des orangers.

Madame de Sévigné

Visiter le château de Grignan
La façade Renaissance du château de Grignan
La cour intérieure du château
Tour du château de Grignan

La Garde-Adhémar, le 9 mars 2020

Aujourd’hui j’ai rencontré Ariane. Elle m’attend juste derrière l’église Saint-Michel, sur la terrasse qui surplombe le Jardin des Herbes et toute la vallée du Rhône. C’est toujours étrange de rencontrer quelqu’un que tu suis virtuellement depuis plusieurs années. Surtout lorsque t’entends parler pour la première fois. En lisant Ariane sur son blog, j’avais imaginé sa voix totalement différemment, avec une tonalité peut-être moins haute, un rythme plus posé.

Elle m’a donné rendez-vous pour me faire découvrir sa Provence natale, à travers la visite d’un des villages les plus emblématiques de la Drôme. Elle m’a parlé avec beaucoup d’amour de sa région, la plus belle du monde selon-elle : “Elle possède absolument tout : les Alpes, la Méditerranée, la lavande qui est son or bleu et aussi une riche histoire qui fait que le patrimoine est exceptionnel”.

La garde-Adhemar dans la Drôme provençale

J’avais presque oublié que ce sont les Romains qui les premiers ont façonné la Provence, qu’ils ont appelé “Provincia”. Marseille, Arles, Vaison-la-Romaine, toutes ces cités millénaires ont été fondées au temps de la Gaule Romaine…

Avant de partir balader au village, nous avons évoqué Frédéric Mistral, ce personnage indissociable de la région, qui fonda le Félibrige au début du XIXe siècle. Savais-tu que c’est à lui que l’on doit l’essentiel des traditions provençales que nous connaissons aujourd’hui ? C’est également lui qui a codifié la langue provençale ou encore le costume de l’arlésienne. En fait, ces traditions que je croyais séculaires datent du début du XXe siècle.

Val des Nymphes, le 9 mars 2020

A quelques kilomètres à peine du village de la Garde, le Val de Nymphes est une clairière mystérieuse abritant des chênes centenaires. Au coeur de la garrigue jaillit une source, à qui les provençaux attribuent de nombreuses légendes. Dès l’Antiquité, le val devint ainsi un lieu de culte des déesses mères pour les gallo-romains.

Cette enclave de verdure, cette oasis où l’eau remonte des entrailles de la terre fut de tout temps vénérée. Lors des fouilles successives, les archéologues ont notamment trouvé des inscriptions gravées dans la pierre qui disent : “Ici vivent les nymphes”. A l’époque médiévale, cette résurgence attira les moines de l’Abbaye de Tournus qui y bâtirent un prieuré. Il en subsiste aujourd’hui une très belle chapelle romane, blottie à la lisière de la forêt de chênes.

Plutôt qu’à la méditation, le Val de Nymphes est devenu aujourd’hui un lieu propice à la pratique de la gym douce. En témoigne ce groupe de retraités qui déboulent en masse, brisant l’intense quiétude des lieux. Ils exécutent non sans mal une série de mouvements et d’étirements, enseignés par une professeure plus hystérique que sportive.

La Val des Nymphes en Provence
Les résurgences de Provence

La Garde-Adhemar, le 9 mars 2020

Je me rends compte que je ne t’ai même pas parlé de la Garde-Adhémar. Ancienne possession de la célèbre famille Adhémar, ce village perché sur son promontoire est typique des villages provençaux du Moyen-Âge. A l’époque, on les bâtissait en hauteur pour pouvoir se protéger des envahisseurs.

Aujourd’hui heureusement, tu ne risques plus de croiser une armée de barbares. Mais tu pourras par contre y profiter d’un panorama tout à fait splendide sur la vallée du Rhône. Tout autour de nous, il y a des champs de lavandes, des olivettes, des vergers.

Le coeur historique de la Garde-Adhémar est parcouru de calades, ces petites ruelles pavées très pentues que l’on retrouve dans tous les villages perchés de la Provence. Souvent, elles sont surmontées d’arches qui servaient de passage aux habitants, pour se rendre de maison en maison sans passer par la rue.

L'église de la Garde-Adhémar.
Dans les ruelles de la Garde
Dans les venelles de Provence

Condorcet, le 10 mars 2020

Nous avons réservé pour la nuit une chambre douillette à la bastide du Vieux-Chêne. Delphine nous accueille au coeur de cette grande maison en pierre, pour laquelle elle et son mari ont eu un véritable coup de coeur voici quelques années. Sur la route qui mène dans la vallée de l’Eygues, Condorcet est un de ces villages drômois discrets, presque oublié, à mille lieues du bouillonnement qui secoue parfois Nyons et Grignan durant l’été.

C’est notre dernière nuit dans la Drôme, demain nous filons vers les Alpes pour le week-end. Aujourd’hui la maison d’hôtes est vide. Est-ce la fin des vacances, ce maudit coronavirus qui plane au-dessus du pays ? Nulle ne le sait mais ce soir, nous aurons la bastide rien que pour nous…

Dormir à la bastide du Vieux Chêne

Baronnies Provençales, le 11 mars 2020

Au petit matin, j’ai pris la voiture et j’ai fugué pour découvrir deux villages perchés, croisés sur notre route les jours précédents. Je suis d’abord allé à Mirabel aux Baronnies, un minuscule village posé sur une butte à la forme d’un ballon. J’y suis arrivé juste au bon moment, celui où les rayons du soleil pointent derrière la montagne et commencent à inonder d’or les façades en pierre et le clocher de l’église Saint-Julien. On se croirait presque en Toscane… 

J’ai poursuivi ma route en remontant vers Nyons à vive allure. Je voulais rejoindre au plus vite un autre village provençal : Venterol. Au coeur des champs de lavande, ce petit bourg couleur pastel est dominé par un campanile du XVIIe siècle, une merveille !

Sur le retour je m’arrête à Nyons, près du pont romain, pour découvrir le panorama sur ce village célèbre pour son huile d’olive, que beaucoup appellent encore le Petit Nice. En début d’après-midi, nous filons à travers les Baronnies provençales, une impressionnante chaîne montagneuse aux accents provençaux et à l’allure alpine. Une merveille minérale où canyons, vallées secrètes et villages perchés laissent éclater une incroyable diversité de couleurs, d’ambiances et de paysages…

Je crois que je me souviendrais toute ma vie de ce voyage, qui en temps normal, aurait été un voyage parmi d’autres. Un road trip de quelques jours, ça s’oublie vite. Mais aujourd’hui, lorsque je regarde (un peu) en arrière, je me rends compte de la chance que j’ai eu de pouvoir découvrir le Drôme provençale durant ces derniers instants dé-confinés. Je vais continuer à vous raconter de belles histoires faites de voyage d’hier ou d’aujourd’hui, car nous avons tous en ce moment un grand désir d’évasion et d’ailleurs…

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3 Comments

  1. Mathilde
    23 avril 2020 @ 7:17

    Quelle chance d’avoir pu faire ce beau voyage quelques jours avant le confinement ! C’est fou comme c’est arrivé vite… Merci pour la découverte, j’adore la Provence mais je n’en connais pas la partie drômoise qui a l’air merveilleuse !

    Reply

  2. Estelle
    15 mai 2020 @ 10:10

    Merci pour ce beau reportage sur mon département de naissance. Je me souviens encore des nombreuses sorties scolaires au château de Grignan et des nombreux dessins d’enfant que j’en ai fait.

    Reply

  3. Desfontaines
    7 mars 2021 @ 6:49

    Merci pour ce récit en Drôme Provençale ! Encore confidentielle et tellement merveilleuse ! Pour moi, le meilleur de la Provence sans nul doute.

    Reply

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