Un été à Roquebrun : voyage dans le Haut Languedoc

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Un été à Roquebrun : voyage dans le Haut Languedoc

Je suis arrivé à Roquebrun presque par hasard, sans même savoir que j’allais séjourner un mois dans l’un des plus beaux coins de l’Hérault. Lorsque l’on est Montpelliérain, on n’a que très peu l’occasion de s’aventurer dans l’arrière-pays biterrois ou dans les Hauts Cantons. On passe plutôt ses week-ends en Pic Saint Loup, dans la vallée de l’Hérault ou dans les Cévennes gangeoises. Suivez-moi en voyage dans le Haut Languedoc, à travers quelques instantanés d’un été à Roquebrun.

Carnet de voyage à Roquebrun

Roquebrun : la petite Nice de l’Hérault

Roquebrun, que l’on surnomme le Petit Nice ou même le Petit Monaco parfois, était connu pour ses innombrables jardins en terrasses où l’on cultivait toutes sortes d’arbres fruitiers et même l’olivier, jusqu’à l’hiver 56 où la vague de froid eu raison des arbres centenaires. Cette année-là, même l’Orb, fleuve prenant sa source dans les monts de l’Escandorgue et coulant en contrebas du village, fut figé dans la glace. Un véritable événement pour cette région schisteuse réputée pour son microclimat méditerranéen qui transforme la vallée en paradis pour les agrumes, les plantes exotiques et le mimosa.

Vue panoramique sur Roquebrun

Accroché à la colline, Roquebrun est dominé par une intrigante tour carolingienne hérissée au sommet d’un impressionnant promontoire rocheux. Mais comment donc les hommes ont-ils pu bâtir cette tour de guet, uniquement accessible par une échelle de bois fixée dans la roche. On peut d’ailleurs encore observer dans la montagne les encoches qui servaient à l’arrimer. Cette sentinelle sur la vallée de l’Orb était autrefois destinée à protéger les habitants du village des invasions barbares.

Depuis le pont qui enjambe l’Orb, la panorama est envoûtant. Mais ce pont de construction récente (XIXe siècle) n’a pas toujours existé. Autrefois, il fallait traverser le fleuve par un bac, moyennant paiement d’un impôt au passeur. Tout le long de la route qui file vers le Caroux, on observe encore d’anciennes poulies qui servaient alors à transporter marchandises et bêtes par delà la rivière…

Le vignoble de Saint Chinian dans l'Hérault

La vallée de l’Orb, entre Naudech et Caroux

Au-delà de Roquebrun, la route plonge en lacet vers le fond de la vallée, jusqu’à se perdre totalement dans les méandres de l’Orb. En contrebas de la route, le vignoble de Saint-Chinian se dessine et grimpe en terrasse, colonisant le moindre morceau de montagne. Certaines parcelles, suspendues dans le vide, paraissent totalement inaccessibles aux engins modernes. Ainsi, la plupart de ces très vieilles vignes sont encore cultivées de manière totalement ancestrale, à pied ou avec des chevaux. 

Au-dessus du vignoble, d’immenses chapeaux coniques hérités d’une très ancienne activité volcanique guident le regard jusqu’au sommet du Naudech, qui domine la vallée et offre un promontoire surréaliste sur le petit village perché de Vieussan. Comme un air de Corse, aux portes du Massif Central.

Découvrir le parc naturel régional du Haut Languedoc

Depuis la route qui monte à Berlou, le panorama est exceptionnel. Derrière la crête du coteau, en surplomb du village, se dessine les cimes acérées des contreforts du Caroux. Ce géant minéral, immense socle de granit et de schiste, domine majestueusement le sud-ouest du Haut Languedoc. Eldorado des randonneurs et des grimpeurs, le Caroux est un régal pour les yeux, surtout au petit matin lorsque le soleil, de ses rayons naissants, laisse exploser les premières couleurs de jour, entre vigne, rivière et falaise. Grimpez tout en haut de Vieussan, au pied de la tour du Pin et savourez simplement ce panorama qui s’étale sous vos pieds…

 
Panorama sur le village de Vieussan

Réa et Cebenna : les deux derniers géants

Aux temps où les dieux régnaient encore sur l’Olympe, vivaient près du Caroux les deux derniers géants : Réa et Cebenna. Perchés sur le plateau, ils menaient une existence paisible jusqu’au jour où Zeus, Jupiter et les autres vinrent à souhaiter leur mort, pour laisser la place aux hommes sur Terre.

Alors que Réa remontait le lit de la rivière d’Héric, Cebenna faisait une sieste au sommet du Caroux. Soudain, elle sentit la roche se ramollir sous son poids, jusqu’à emprisonner son corps. Dans un dernier cri de désespoir, elle renversa sa tête vers l’arrière et toutes les larmes de son corps se déversèrent alors dans le torrent du Rieutord.

Le Mont Caroux dans le Haut Languedoc

Entendant ses cris, Réa voulu rejoindre Cebenna pour lui porter secours, mais il fut malheureusement aspiré par les eaux de la rivière. Il tenta désespérément d’agripper la falaise de ses mains, mais cette dernière devenue glue emprisonna à jamais sa tête dans le cours de l’Héric. Depuis ces temps immémoriaux, le corps de la géante Cebenna, malheureuse fille des Titans, est imprimée à tout jamais près du sommet du Caroux, sous la forme d’une femme allongée… 

Escale à Olargues

Le long de la voie verte empruntant le tracé de l’ancien chemin de fer qui reliait Mazamet à Bédarieux, se trouve l’un des plus beaux villages de France : Olargues. La passe-pays (ou Passa Païs en occitan) permet de faire se rencontrer les versants océaniques et méditerranéens du Haut Languedoc. Promesse d’un beau voyage à travers quelques-uns des plus séduisants paysages de l’Hérault et du Tarn.

Olargues, l'un des plus beaux villages de France

Vous voici à Olargues et son pont du Diable, dont semble-t-il, personne ne connaît véritablement l’histoire exacte. La légende locale, peu à peu, s’est gommée pour se fondre dans celle, commune, de tous les ponts du Diable : une histoire classique de pacte entre des villageois et les forces du mal. Construit au XIIe siècle, ce charmant pont roman enjambe la Jaur pour aboutir au pied du village médiéval. Comme une porte d’entrée vers un dédale enchanteur de venelles arc-boutées sur les versants d’une butte rocheuse. 

Olargues est dominé par une tour clocher, ancien donjon du castrum. Le village médiéval ressemble à un labyrinthe dont le plan se lit comme une carte au trésor qui nous emmène de la rue Neuve à celle de Pont Vieux, en passant par d’étroites allées sombres. Au hasard d’un passage voûté, on pourrait tomber nez à nez avec une bête féroce, tapie dans l’ombre. Mais bientôt réapparait le méandre du Jaur et ses eaux vivifiantes, presque glacées encore à l’approche de l’été qui vient…

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