Aux portes de la Sierra Nevada

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Lundi 5 septembre

Cher tous,

Hier, nous avons quitté Valence pour rejoindre Alquife, où nous avons réservé une chambre dans une ancienne ferme nommée La Balsa. J’ai l’impression que nous roulons depuis des heures sur une autoroute qui n’en finit plus. A la radio, je tente péniblement de suivre un flash sur les résultats sportifs du week-end. Mais les présentateurs de la RNE n’arrêtent pas de hurler, en vomissant des phrases à la vitesse d’un train rapide. Si bien qu’ils finissent par m’épuiser et rendre l’attente encore plus pénible.

Vers Murcia, un immense taureau noir domine la colline et nous rappelle que nous entrons sur la terre des matadors et de la corrida. Je scrute les paysages, toujours plus désolés, secs et monotones. Jusqu’à l’apparition des premières montagnes de la province de Murcia, El Valle i Carascoy, Sierra Espuna, Sierra de Marie Los Velez, dressées vers le ciel, pelées et ravinées, parées de couleurs rougeoyantes qui leur confèrent une allure solennelle. On voit poindre désormais un château, parfois juste un castel, au sommet de chaque village. Les maisons sont devenues blanches comme la craie et vous éblouissent sur leur passage.

Aux portes de la Sierra Nevada

Nous avons fait halte dans une station service non loin de Vélez-Blanco, dont on distingue juste le fortin dissimulé au creux de la montagne. Je suis allé chercher des cigarettes et deux sodas. J’ai regardé la vendeuse avec des yeux plus grands que des billes, lorsqu’elle m’a répondu dans un espagnol quasiment incompréhensible. L’accent local, ai-je supposé. Nous voilà repartis, une heure encore sur cette route que j’en viens à maudire. A Guadix, il faut faire demi-tour et reprendre l’autoroute en sens inverse, pour s’échapper au sud vers la Sierra Nevada. Avons malheureusement raté l’embranchement, nous obligeant à répéter l’opération une deuxième fois. Nous traversons maintenant un paysage argileux aux formes particulièrement intrigantes, qui sont non sans rappeler les décors de l’Arizona. La soleil décline lentement.

Arrivée à Alquife

A Alquife, Marion nous attend depuis deux bonnes heures déjà. Nous arrivons pile pour l’heure de l’apéritif. Elle nous sert sans tarder deux bières blondes dans le jardin, où nous conversons un moment en compagnie de deux amies hollandaises et un couple d’allemands, restés légèrement en retrait. Nous parlons de la météo, sujet classique des gens qui se rencontrent pour la première fois. En même temps il est vrai qu’il fait exceptionnellement chaud pour la saison. « Vous verrez à Grenade, il fait 42°C au minimum pendant la journée ».

Dans la campagne près d'Alquife

Lundi après-midi

Nous avons traversé au pas de courses les jardins menant à la Puerta del Vino, pour aboutir en catastrophe à l’entrée des Palais Nasrides, juste une minute avant l’heure limite. Après quelques détours dans des couloirs sinueux, nous débouchons dans une partie du palais que l’on nomme le patio de los Arrayanes. Nous sommes transportés en une minute en plein coeur de l’Orient, quelques siècles en arrière. On trouve ici un bassin couvrant toute la longueur du patio et bordé de chaque côté d’une fontaine. La cour est entourée de deux galeries surmontées de colonnes mauresques aux motifs et détails d’une délicatesse tout à fait surprenante. On ne profitera pas longtemps seuls du spectacle, des groupes entiers de visiteurs en tour guidé envahissent peu à peu la Cour des Myrtes, dont l’atmosphère tient maintenant plus de celle d’un hall de gare.

Nous pénétrons ensuite dans le Palais des Lions, l’un des plus beaux héritages laissés à l’Alhambra, dont Muhammad V fut l’artisan. Gravé dans le mur, on peut lire un sourate du Coran.

Sourate du Coran dans l'Alhambra

Je vous ferai grâce du récit complet de cette visite, mais je ne manquerai pas de vous en parler plus en détail, lors de notre prochaine rencontre. Je joins à ce courrier quelques photographies personnelles qui vous permettront de vous rendre compte de la grandeur des palais de l’Alhambra.

Dans les palais Nasrides à Grenade

Dans les jardins de l'Alhambra à Grenade

Détails du palais Nazaries à Grenade

Déambulations dans l’Albaicin

Depuis les terrasses de l’Alhambra, on jouit d’une vue incroyable sur l’Albaicin, quartier populaire construit à flanc de colline, sous la forme d’un dédale de ruelles pavées bordées de maisonnettes aux murs blanchis à la chaux. S’il est certain que ce quartier a perdu en authenticité, il représente tout ce que l’on peut s’imaginer de l’Andalousie. L’estampe est là, bien réelle, et pourtant tellement romanesque. Les boutiques de souvenirs et les restaurants ont peu à peu remplacé les petits commerces de quartier et l’on croise dans les rues bien plus d’étrangers que d’habitants du cru.

Quartier de l'Albaicin à Grenade

Mais peu importe, le charme opère. Il te transporte dans un monde parallèle surtout le soir venu, lorsque les badauds se réunissent sur le mirador de la place Saint Nicolas. On y joue chaque soir la même partition, au propre comme au figuré. Le soleil qui décline, colorant le ciel et les montagnes d’une patine rosée et violette intense. Le gitan avec sa guitare qui reprend des airs populaires du flamenco andalou. Des vendeurs ambulants qui agitent devant vous tout un tas de babioles aux couleurs de l’Espagne. Une nuée de flashs qui crépitent en permanence, pour capturer les couleurs incroyables de l’Alhambra.

Palais de l'Alhambra à Grenade

Petit bar du quartier de l'Albaicin

Sur la plaza Larga, nous buvons une bière en goûtant aux fameuses tapas grenadines, dont on nous a tant venté les saveurs. Ce soir de simples pommes de terre accompagnées d’une sauce à la crème fraîche. Pourquoi pas, certainement pas la meilleure expérience gustative du voyage. A la nuit tombée, nous déambulons dans un labyrinthe de ruelles, alors que les touristes arrivent encore en nombre pour assister à des visites nocturnes. Nous terminerons la soirée attablés au bar de la Puerta de Las Pesas, à diner d’un gaspacho et d’un revuelto de champignons.

Je vous embrasse et vous enverrai d’autres nouvelles bientôt !

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2 Comments

  1. Mitchka
    26 novembre 2016 @ 11:56

    Quel plaisir de retrouver Grenade… c’est une ville que j’ai adoré. Nous l’avons visité en plein hiver du coup il y avait peu de touristes … nous avons déambulé dans l’Albaicin sans jamais croiser personne !! Par contre la lumière n’etait pas top et les jardins de l’Alhambra bien moins spectaculaire que ce que tu as du voir… mais c’etait bien quand même

    Reply

  2. Lucie
    26 novembre 2016 @ 1:53

    Belle écriture… c’est agréable à lire et assez émouvant pour moi car ça me rappelle mon expérience espagnole, pendant laquelle j’ai eu la chance d’aller deux fois à Grenade, en hiver et au printemps. Cette ville possède un charme incroyable, je me verrais bien y vivre.

    Reply

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